Au commencement, déjà le monde était rond et personne ne le savait. Les soleils brillaient toute la journée et il n'y avait pas de nuit. Tout était identique, les maisons, les parcelles de terrains, les ressources. Même les hommes étaient identiques, malheureusement pour eux, ils étaient très moches. Les femmes aussi étaient identiques, moches mais identiques. Et tout allait bien dans le meilleur des mondes. Les gens de ce pays vivaient tranquillement leur quotidien sans se soucier de leur physionomie si peu agréable. De toute façon comme chacun ressemblait à tous les autres, la comparaison était vite faite : même taille, même visage, ni plus, ni moins. Et depuis de longues années, chaque jour reprenait la même tournure que le précédent et le lendemain ne varierait pas d’un cheveu. Dans un monde si standardisé où chaque habitant faisait la même chose que son voisin, personne ne cherchait à faire changer les choses. Chacun se satisfaisait d’être normal et de rester dans
Mais un jour normal comme il en a existé des milliers dans ce pays, naquit une erreur dans ce monde parfait. Un bébé s'éveilla dans l'indifférence totale, sans que personne ne puisse l’empêcher. Ce fut le début de la fin, pour ce petit paradis du bout du monde, car pour la première fois, l’enfant qui venait de naître était une petite fille, belle comme un ange. Vous allez me demander comment deux immondes créatures peuvent faire pour avoir un ange ? Certains, vous dirons qu'il s'agit d'un miracle, d'autre d'une erreur génétique ou encore qu'il s'agit d'une idée sordide sortie tout droit de l'imagination d'un pauvre auteur. Moi, je me contenterai simplement de dire que les huîtres font bien des perles alors pourquoi deux moches ne pourraient-ils pas démouler un beau cake. Et c'est ainsi que s'éveilla la petite Franse : belle, dynamique et déjà conquérante, hormis le visage c'était tout le portrait de sa mère.
Cependant, ce petit fait-divers qui semble si mineur pour ceux qui ont l'oreille musicale, va être le déclenchement de la première révolution du monde de Pan-Hurge. La question que vous vous posez peut-être…
- Ah oui, excusez-moi, justement j’ai une question à poser, interrompit un jeune paniais qui semble écouter cette histoire avec intérêt,… pardon ? mais ce n’est pas vrai, je n’écoutais pas, d'abord je passais par-là et je me suis arrêté pour faire… pour faire… mes lacets, voilà.
(Note de l'auteur : dans mon histoire, je décide que les habitants de Pan-Hurgie marchent pieds nus, ils n'ont donc pas de lacets)
- Oh l'autre, il triche et puis, je m'en fiche, moi j'ai des chaussures dans mes pieds, dit-il en regardant ses pieds, mais il remarqua alors que ses chaussures avait disparu. Ah non, j'avais des chaussures… mais tu triches, tu n'as pas le droit.
- Et si, je fais ce que je veux !!!
- Qu’est-ce qu’il se passe ici ? S'interrogea un habitant du pays de Pan-Hurge de retour de sa ballade quotidienne qu'il a pour la première fois écourtée car il a remarqué en chemin qu'il était pieds nus.
- Il y a cette voix là qui vient de me voler mes chaussures, répondit le pauvre panais.
- A toi aussi, car moi non plus, je n’ai plus les miennes. Ca me semble bizarre tout ça, d’ailleurs, elle dit quoi cette voix ?
A oui l’histoire, j'en étais où moi… ah oui, comment une si jolie petite chose peut déclencher une si violente révolution? Mais simplement en faisant jaillir dans la petite tête des habitants du village la plus dangereuse idée dans ce monde (et dans n'importe quel monde d'ailleurs) : la jalousie.
- La quoi? S'interrogea l’un des deux panais qui regardait en l’air en écoutant cette voix qui venait de nul part.
- Ah oui, pardon petit Paniais, vous ne connaissez pas encore cette chose qui va apporter les pires malheurs dans votre monde. Ecoutez plutôt.
Après la naissance de notre petit bout de choux car c'est faux les filles ne naissent pas dans les roses, la maison devint rapidement l'attraction du village. Car dans un monde où tout est identique et monotone, un peu d'animation ne fait jamais de mal, ça fait surtout sortir les gens de leur maison. Mais rapidement, une fois que la surprise fut passée, les gens commencèrent à s'inquiéter de la présence de cette anomalie.
- Serait-elle une … heu …enfin oui une… heu, se demanda une jeune habitante de Pan-Hurgie.
- Une ? repris un Paniais.
- Tu sais un truc…,je n'arrive pas à trouver de mots pour ça, s'interrompit la Paniaise, … un truc pas gentil!
- PAS GENTIL, tu es certaine? Ca me fait peur tout ça.
(Note de l'auteur : ce dialogue de qualité, rempli de finesses et de rebondissements, n'a pas été signé Audiard, mais bien au stylo)
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