Mardi 15 janvier 2008

 

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Sur le chemin qui le ramenait à sa maison, Dom-Beull était sur le point de péter un câble (veuillez chères lectrices et chers lecteurs m'excuser pour cette expression ambigue qui pourrait paraître quelque peu vulgaire, mais il s'agit ici de la prendre à son sens premier). Il était tellement énervé par ce qui c'était passé dans la maison de la grand-mère qu'il tapait du pied dans un arbre pour se passer les nerfs. Mais les vibrations provoquées par les coups répétés, finirent par faire rompre une corde tendue entre deux arbres. Quelques secondes après le claquement de la corde qui se rompait suite aux frottements de la corde sur la branche, ce fut le bruit d'une chute qui attira l'attention de Dom-Beull.

- Incassable, mais quel con… Il m'a dit qu'elle était incassable et moi je l'ai cru, dit une voix qui sortait d'un arbuste.

Le sage s'approcha de l'arbuste, d’un pas, pas vraiment assuré. Cette inquiétude augmenta en voyant une chose se relever dans une combinaison blanche, digne des plus grands films de science-fictions. Dom-Beull fit trois pas en arrière pour se mettre à une bonne distance de sécurité.

- Vous… vous êtes un extra… un extra-paniais? Vous êtes tombé du ciel ? demanda le sage.

- Non seulement de ces branches là-haut, je n'ai pas encore appris à voler comme les oiseaux, mais j'y songe et passer du rêve à la réalité n'est pas une chose facile.

L'étrange personnage enleva son masque blanc, fait de tissus, et secoua la tête pour reprendre ses esprits.

- Vous êtes un paniais, ouf… je me suis demandé quelques secondes qui vous étiez.

Le paniais sourit au sage qui regardait autour de lui d'un air quelque peu dubitatif :

- Si je peux me permettre une question : les arbres entre lesquels nous nous trouvons sont distant de près de 10 mètres et les branches qui se trouvent au-dessus de nous sont trop fragiles pour supporter un paniais de votre taille. Comment avez-vous fait pour tomber ici ? Vous vous êtes fait catapulter ? Vous êtes un paniais-canon ? demanda le sage.

- Non mon brave, c'est plus simple que cela, je suis un joyeuculteur…

Ce terme étrange surprit encore notre sage et augmenta encore son énervement.

- Stop, je suis un sage et j'ai l'impression d'en connaître de moins en moins. J'aimerai comprendre : un joyeux-culteur ? repris Dom-Beull.

- Oui, il s'agit d'un nouveau métier que j'ai découvert lors d'un de mes rêves et qui consiste à cueillir la nourriture produite par les abeilles.

- Avec toutes ses nouveautés, nous les sages nous ne connaissons plus rien. Il va falloir que nous nous remettions à niveau. Avez-vous déposé votre découverte dans la boite à Hydée ?

- Je l'ai fait mais je crois d'après ce que j'ai entendu, qu'un ours est venu se servir de mon miel avant vous.

- Ah, c'est donc ça ! Nous avons aussi entendu parler d'un ours qui avait semé la terreur en ville. Il semblait attiré par une drôle d'odeur. La seule chose que nous ayons remarqué, c'est que la boite à Hydée brillait de mille feux, mais elle sentait vraiment mauvais.

- Qu'est ce que vous voulez, la nature aura toujours le dessus sur nous. Moi-même, je dois trouver des astuces pour contourner les moyens qu'elles utilisent pour nous cacher ses merveilles : je dois cueillir le miel là où il se trouve, c'est à dire en haut dans les arbres. Et pour y arriver, je tends une corde entre deux arbres pour pouvoir atteindre les branches les plus fragiles. Et comme vous l'avez sûrement devinez…

- Vous êtes cassé la figure.

- Oui, c'est la nature qui se venge car pour une fois, ce n'est pas à cause de l'une de mes maladresses : c'est la corde qui n'a pas résistée à mon poids. Je lui avais pourtant bien dit de ne pas me dire combien de panais elle pouvait supporter cette corde.

- Et elle peut supporter combien de panais ?

- Seulement un monsieur et c'est pour ça que je lui avais dit de ne pas me dire combien elle supportait, car je pensais bien que ça n'irait pas avec deux.

- Ce n'est pas super clair votre truc, je n'ai pas tout saisi. Si elle supporte une personne, je ne comprends pas pourquoi elle s'est cassée.

- Mais c'est simple, mon père me disait toujours : "Un homme averti, en vaut deux". Alors à partir du moment où j'étais averti, forcément que j'en valais deux. Je ne pouvais plus monter sur la corde sans la casser. Mais comme finalement le vendeur avait fini par me dire qu'elle était incassable, moi je l'ai cru.

- Personnellement, j'en doute. Ce n'est qu'une expression qui n'a pas de fondement physique.

- Vous le pensez vraiment.

- J'en suis certain, parole de sage.

- Mais ça ne m'explique pas pourquoi je suis tombé.

- Déjà, il faut retrouver la corde ensuite son analyse nous permettra de connaître les causes de votre chute.


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- Publié dans : L'Histoire du pays de Pan-Hurge ...
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